Le confiner à un promoteur de la pensée technophobe serait réducteur et inapproprié ; le présenter lanceur d’alerte des ruptures anthropologiques et des dégâts civilisationnels que soulève la prise de pouvoir scientiste est bien plus juste.
Depuis une quinzaine d’années, le philosophe Eric Sadin tente de prévenir, d’informer, de mobiliser et de responsabiliser face au déferlement des nouvelles technologies qui envahissent notre quotidien personnel et professionnel, bouleversent le travail, l’emploi et l’économie, conditionnent nos relations amoureuses, familiales et sociales, colonisent nos réflexions, nos émotions, notre créativité, et bien davantage séquestrent qu’étendent nos libertés. Le 10 février dernier, lorsque la France réunissait à Paris l’élite planétaire de l’intelligence artificielle, il organisait un contre-sommet retentissant pour lui opposer une prise de conscience radicale.

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